Pourquoi je suis là?

Pour parler de musique et de concerts, de disques et de compilations, de groupes et de groupies, de basse et de scènes, de fauteuils rouges, au théâtre, au cinéma, et pourquoi pas à l'opéra...
Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /Nov /2006 16:18
Julien Cortes, 28 ans, a emprunté le terme « Querencia » au vocabulaire  de la tauromachie pour baptiser son doux univers musical électro-pop. Rencontre avec ce provincial expatrié à Paris pour faire découvrir sa musique exigeante, romantique et sombre.

          Julien Cortes est un puits de culture rock. Il baigne dans la musique depuis toujours, élevé par un père qui fut un temps guitariste aux côtés des musiciens d'Alain Bashung et une mère mélomane. Les Beatles, les Doors ou David Bowie détonnent au sein du foyer Cortes pendant toute son enfance passée en Ardèche. Quand il a onze ans, ses parents emménagent à Carqueiranne (Var). C'est entre ce petit village et Toulon qu'il va devenir musicien. En 1994, la famille se rend au prestigieux festival Reading en Angleterre. « Formidable affiche », se remémore-t-il. « Sound Garden, Therapy, Helmet, c'était fou ! ». Il enchaîne alors festivals  et concerts dès qu'il a un peu de temps et d'argent.
          Premier choc musical ? INXS, puis viendront Lou Reed et John Cale sur un album hommage à Andy Warhol. Adolescent, il écoute assidûment les Guns n' Roses, Metallica et Nirvana « que j?ai vus à Toulon en 1994», dit-il fièrement.  Il commence la guitare en classe de 6ème, en apprenant seul.  « Je regrette que mes parents ne m'aient pas poussé dès ce moment-là. J'étais envahi par la musique, je ne parlais que de ça. » Il ne peut plus se contenter de créer, il doit jouer. En classe de seconde, il fonde un groupe, les « Weakids », où il joue comme bassiste. « C'est tout de suite devenu super sérieux. On était persuadés d'être un des meilleurs groupes du monde. », dit-il gravement.

Egos surdimensionnés
Les membres du groupe sont liés par trois influences principales : Sonic Youth, Pavement et Pixies.  Julien devient le chanteur- compositeur, mais il étouffe peu à peu au sein de cette formation adolescente. Les égos surdimensionnés des uns et des autres auront eu raison de la formation qui se sépare en octobre 2003 après de nombreux concerts entre Nice et Montpellier. L'amertume est encore visible sur le visage fin du musicien. L'association « Rock Action » qu'avait fondée Julien en 2001 éclate à son tour. « Ça a été une grosse déception, j'ai ressenti un immense découragement. Une petite scène toulonnaise devenait crédible et puis tout s'est écroulé d'un coup. À cette époque et dans cette région, personne n'écoutait de rock.  » Peu de temps après, il découvre la musique électronique, et devient au même moment DJ dans un bar toulonnais. Il décide de partir, saturé d'ennui et de frustrations, pour monter à Paris à la rentrée 2004.
          Il a en tête de s'impliquer réellement dans son projet solo : « Querencia ». La lecture des mémoires de Simone de Beauvoir lui a inspiré ce mystérieux nom. Car Julien est lettré. Hypokhâgne, khâgne, comme ses deux frères Benjamin et Antoine, maîtrise d'anglais comme sa mère enseignante. La querencia, en tauromachie, « c'est l'endroit de l'arène où le taureau revient obstinément lorsqu'il se sent menacé, ou pour reprendre des forces. Un espace invisible que son instinct lui assigne, une sorte de refuge mental. », défini  Pierre Veilletet dans  «Querencia et autres lieux sûrs. »

Ceux qu'il faut découvrir
          On l'a déjà accusé d'être prétentieux, voire hautain. Sa manière de se tenir, son langage appliqué, ses références littéraires et musicales, tout cet univers frôle parfois l'élitisme.  Son ami Vincent Jolit, « le seul, l'irremplaçable », selon Julien, est bibliothécaire à Hyères (Var). Ils se sont rencontrés en seconde. « Je trouvais qu'il dégageait un petit air narquois et pédant, mais j'ai vite compris que ce n'était qu'une façade. On est devenus amis au bout d'un an, et à présent il est probablement la personne qui me fait le plus rire au monde. » Dans sa grande bibliothèque sont posés ses disques ou ses livres « importants ». Dominique A, Léo Ferré (« que les filles ne comprennent pas », glisse-t-il avec malice et assurance), Leonard Cohen ou Jeff Buckley font partie de son « mobilier musical », tandis qu?Antonin Artaud, Romain Gary ou Paul Nizan sont pour lui des auteurs fondamentaux.
          Il a écrit son mémoire de maîtrise sur le poète irlandais Derek Mahon.  « A cette époque je rêvais d?aller en Irlande, mais je n?ai pas été sélectionné pour partir en tant qu?assistant. » Qu?à cela ne tienne, il ira quand même. De septembre à mars 2000 il est secrétaire à l?Ecole franco-irlandaise de Dublin. À son retour, il tente le CAPES deux fois consécutives, et se retrouve « admissible aux deux tentatives». Ces deux échecs le confortent dans son envie de partir tenter une carrière musicale.
          Son petit frère Antoine, 19 ans, étudiant en khâgne à Toulouse, est très admiratif de cela. « Je croise les doigts pour lui. J'aime beaucoup son univers, il a écrit des morceaux magnifiques. Il a une culture musicale de dingue. Tous les groupes que je découvre, il les connaît déjà. On a baigné là-dedans, et je lui souhaite vraiment de réussir. » Vincent, son ami varois lui aussi grand amateur de musique, tempère : « Avec Querencia, il s'est lancé dans l'électro intransigeante et rude. Assez bon, parfois très bon. Mais il s'est enlisé et, sans pression, s'est mis à tourner en rond. Aujourd'hui il se remet au rock avec ses musiciens, c'est le bon moment. » Pour son prochain concert, Julien a en effet décidé de s'entourer d'un groupe. Aaron de Luca, 30 ans, batteur du groupe parisien « Los Calaveras », est ravi de travailler avec lui. « C'est un garçon serviable et aussi candide. Son attitude très peu parisienne est une bouffé d'oxygène, sa musique est profonde et réfléchie, je pense qu'il a un réel talent d'écriture. » Julien a été pré-sélectionné pour faire partie de la compilation CQFD (Ce qu'il faut découvrir) du magazine culturel Les Inrockuptibles. « J'avais déjà été pré-sélectionné l'année dernière, cette fois-ci j'ai envoyé un morceau en français, peut-être plus accessible. Je croise les doigts. » Nous aussi.

Julien Cortes en six dates
20 mars 1978
Naissance à Brignoles (Var).
1995
Fondation du groupe « Weakids » avec deux amis.
1999
Sort de khâgne et commence ses études d'anglais en Licence, à la faculté de Toulon.
2001
Obtient sa maîtrise d?anglais.
2003
Le groupe « Weakids » se sépare.
Septembre 2004
Emménage à Paris  pour se lancer dans son projet solo « Querencia ».


www.querencia.fr.st
www.myspace.com/querenciaisdead

Par Caroline - Publié dans : Artistes
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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /Nov /2006 15:51
...de Bordeaux  par naissance, de région parisienne par obligation, de Toulon beaucoup (trop), de Marseille par liberté, de Nice par défaut, d'Amsterdam par Erasmus, de Dublin par amour,  de Norfolk par chance,  de Manchester par Renaud,  de l'île de la Réunion par ma mère, de Dordogne par mon sang, d'Aix-en-Provence par Cézanne,  de Paris par envie, et par chance d'y faire mes études.
Je suis là pour ça, pour écrire sur la musique, pour peut-être un jour pouvoir écrire l'Envers du Rock volume 2, après les concerts, les rencontres, les albums du siècle, les frissons dans la nuque, les compilations, les listes, les éclats.
 Boulimie de musique, à l'ancienne, disques et  écoutes sur une platine CD, tendeuse d'oreille,
 groupie éternelle,  groupie résignée,  jalouse de ne pas avoir 15 ans à Paris après l'ennui engourdi de la vie aux bords de la Méditerrannée.
Envie de Radiohead à Oxford, The Strokes à New York, Sonic Youth à Seattle, Bashung à Strasbourg, Björk à Reykjavic, Arcade Fire à Montréal, Thom Yorke à Radio France, The Raveonettes à Stokholm ou Peaches à Berlin. Route du Rock en Seine, allons-y pour rendre compte, et constater. Constater les éclats, les déceptions, les confirmations, les surprises et les ratés.
Par Caroline - Publié dans : La vie du blog
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