Mardi 12 décembre 2006
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11:53
De Robert McLiam Wilson.
Belfast, années de plomb, années du terrorisme aveugle et fanatique. Jake le catho, Chuckie le gros protestant leurs comparses paumés, les familles courbées par la pauvreté, tentent de trouver amour et fortune entre soirées de beuveries pathétiques, attentats traumatisants, magouilles et trafics. C'est triste et drôle, épique et bouleversant. L'improbable amour entre Max l'Américaine et Chuckie, l'affection profonde que Jake éprouve pour le Roche le gavroche écossais, l'hystérique Aoirghe, irlandaise convaincue et militante, tous ces personnages s'entremêlent à la recherche d'un soutien, d'une béquille pour continuer à vivre. La violente Irlande est sublimée par ces personnages attachants et attachés à leur pays déchiré par par la passion et l'incompréhension. Beaucoup ne savent même plus pourquoi ils se battent.
Extraits...........
"Ainsi marcha Chuckie, presque sur la pointe des pieds, comme une autruche bouffie, enjambant à chaque pas les fils tendus par sa peur."
"Chuckie ajouta que mon chat représentait un profit unitaire inacceptablement bas et il me conseilla de taper sur la tête de l'animal à coups de brique. Je fus tenté."
"Qu'était-il arrivé? Un événement très simple. Le cours de l'hitoire et celui de la politique s'étaient télescopés. Un ou plusieurs individus avaient décidé qu'il fallait réagir. Quelques histoires individuelles avaient été raccourcies. Quelques histoires individuelles avaient pris fin. On avait décidé de trancher dans le vif."
"Beaucoup d'habitants concernés de Belfast Sud avaient loué un train pour descendre à Dublin et protester contre toutes les bombes de l'IRA placées sur la ligne Belfast-Dublin. Tout le monde voyait dans cette manifestation un symbole de la colère unanime face à la violence terroriste, mais moi elle faisait l'effet d'une belle connerie."
"Les gens parlent du voile rouge qui brouille la vue du colérique, du psychopate. Il n'y a que les gens qui ne se sont jamais battus pour dire ça. Il n'y a pas de voile rouge. Les choses sont nettes et précises. Il y a bien plutot une grande clarté philosophique, un confiance absolue dans la décision de lancer son poing en avant. Tout semble parfaitement raisonnable, tabasser quelqu'un paraît être le comble de la dignité démocratique."
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